L'ENTREVUE

Quoi de mieux pour découvrir un(e) artiste ou un band que par leurs propres mots. 

TTR_2020.jpg

Lita Kira

Crédit photos : Jean-Phi Carlier
Epineuse
00:00 / 04:10

Présenter votre projet. Depuis quand? Pourquoi solo, duo, trio, etc ? Pourquoi ces instruments ?

Bonjour à tous les lecteurs de Sur l’Ombre! Je suis Lita et mon projet s’appelle LITA KIRA. Je fais du pop rock en français depuis 2010, au  départ en groupe, puis en solo depuis 2017. Je suis passée en solo parce que plus ma musique trouvait son identité et moins elle était adaptée à une formation de type « groupe de rock ». En concert je chante, je joue de la guitare électro-acoustique, de la basse et parfois du xylo.

De quel coin êtes-vous ? Jouez vous sur votre scène locale ou plus en dehors (et même à l'étranger) ?

Je suis du Nord de la France, pas loin de la frontière belge. J’ai eu  l’occasion de jouer un peu partout dans le pays, ainsi qu’en Belgique et en Suisse. Des scènes locales, premières parties, bars/concerts, plateaux avec d’autres artistes, festivals etc.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de monter votre projet ?

Il y a quelques années encore, je vous aurais dit que c’est à force  d’entendre mes anciens collègues (du groupe Basilic - X Factor 2009) me  répéter : « Sans nous, tu ne feras jamais rien » que j’ai quitté ce groupe,  pour monter mon propre projet. Mais aujourd’hui, je suis en paix avec tout cela. Je pense que j’ai toujours eu cette envie là, depuis toute petite, quand  j’écrivais des poèmes ou que j’inventais des histoires. J’ai toujours voulu  créer mon propre univers.

Qu'est-ce qui vous a amené à explorer/arpenter ce style là ?

J’appelle mon style le Pink-Rock. Le pop rock est tellement vaste qu’au  final, j’ai eu envie de trouver une véritable identité, aussi perchée soit-elle  et lui donner un nom. Le Pink-Rock c’est un concept tout en contraste : des  textes assez féminins et une musique parfois brutale… Disons que mon style musical va de la chanson française au metal japonais, avec une énergie assez dingue et le tout en français. Mais c’est aussi un style artistique au sens large, avec une imagerie spécifique et le contraste rose/ noir que je développe aussi bien dans mes tenues de scène que sur mes  réseaux.

Pourquoi les gens vous écoutent/devraient vous découvrir selon vous ? Qu'est-ce qui fait votre charme ?

Question pas évidente… 

Ce que je peux vous dire c’est qu’il y a des gens qui aiment ce que je fais, d’autres qui détestent et d’autres encore qui ne connaissent simplement pas. Ces derniers sont les plus nombreux d’ailleurs!! *rires*  

Certains aiment les textes des chansons calmes, d’autres les solos de guitare plus énervés, ou l’ambiance creepy de certains clips. Pour d’autres encore, c’est l’énergie délivrée en concert, ou même mes tenues!! C’est toujours trop mignon quand des petites fans viennent me voir habillées  comme moi. ❤️ 

Sinon dans la presse, ils ont le don pour trouver des formules : « une artiste punchie », « une pile électrique rose et noire » et je pense que ça me caractérise assez bien. Si vous avez du vague à l’âme en ce moment, le Pink-Rock est ce qu’il vous faut pour aller de l’avant!!

Quel(s) groupe(s) recommanderiez vous ?

EFYX, sans hésitation. C’est pour moi le projet le plus abouti de la scène émergente française rock alternative. Son nouveau titre : « Trash for Legacy » est vraiment bon!! Allez écouter ça tout de suite 😉

Quelle(s) ville(s) vous a/ont le plus marqué (durant une tournée, un voyage, etc) ?

Je vais vous dire un secret : je m’endors presque immédiatement quand on prend la route. >_<# Je rate tellement de trucs!! 

Evénement marquant, lors d’une mini tournée en Haute-Savoie, j’ai été  surprise du choix de nourriture et d’alcool très très très varié en loge. Je  me suis dit : Mon Dieu, ces gens-là savent recevoir!! *^u^* Et j’ai du  prendre quelques kilos aussi. Mais c’était bien.

Quelle énergie préférez vous : grosse salle ou petite salle ? Et pourquoi ?

J’ai plutôt l’habitude des petites salles où l’on peut voir le public et faire un rappel en bord de scène avec juste une guitare acoustique, mais lors de ma tournée d’été 2019, j’ai eu la chance de faire quelques dates en partenariat avec France Bleu sur le French Fab Tour. C’était de très grandes scènes en extérieur, avec de grands écrans de chaque côté… J’étais terrorisée pendant les répétitions, mais je ne peux pas nier que c’était vraiment, vraiment super cool.

Comment gardez vous le plus le contact avec vos "fans" ?

J’ai créé un groupe Facebook : « KIRA FANS ». Au début, c’était pour rassembler ceux qui m’avaient vue en concert, pour qu’ils puissent garder contact, voter pour les tracklists ou encore faire du co-voiturage pour les concerts. Aujourd’hui, le groupe est ouvert à tous ceux qui veulent suivre mes activités et avoir du contenu exclusif. J’utilise aussi beaucoup Instagram et plus récemment TikTok.

Si je vous dis "art" vous pensez à quoi ?

A une nébuleuse dans les tons violets et pourpres…*rires*  

Plus sérieusement, je pense que les notes, les mots, les instruments, les  matériaux… Tout cela n’est là que pour concrétiser une idée, une  sensation, un sentiment, bref quelque chose d’invisible. C’est toute la  magie de la création : transformer une sensation en objet réel (physique,  sonore etc). Trouver l’alchimie.  

C’est un métier génial non?

Et si je vous dis "livre" ?

Je pense à l’ouvrage de mon ami Jonathan Sédivy « Tribulations  amoureuses : Confidences d'un homme heureux ».  Voici le topo : L'auteur révèle ses diverses aventures amoureuses et livre les secrets de l'amour véritable et inconditionnel. Les nombreuses  réflexions partagées permettent de mieux se connaître, de mieux s'aimer,  de mieux vivre. 

Je vous le recommande vivement!!

La musique doit elle être porteuse de message ou pas forcément ? Doit-elle avoir une identité ou peut-elle exister d'elle-même selon vous ?

Elle peut porter un message, mais je pense à titre personnel qu’elle ne  devrait pas. Sinon elle devient une sorte de jingle idéologique ou politique. Après libre à chacun de le faire, mais il ne faut pas appeler ça de l’art, c’est tout. 

Dans mes paroles, je travaille avec des symboles, des métaphores,  exactement pour cela. Dans « Marionnette/ Marionnette », j’utilise l’image de la poupée désarticulée qui coupe ses fils pour devenir libre. On peut comprendre cela à différents degrés et en tirer de grands messages… ou  pas. Je laisse les gens libres de trouver un message s’il le veulent, mais ce  n’est pas le but. Il y a des passages instrumentaux qui disent tellement de choses aussi… 

Je trouve que depuis quelques années dans la musique actuelle, tout est devenu message. Message sur message. C’est trop. Il n’y a plus de place pour l’imaginaire et on ne rêve plus avec les textes. Tout est devenu bien trop explicite. Les chansons deviennent des spots de pub qui vendent une  idéologie/un lifestyle etc.  

Or pour moi, ce qui fait la beauté d’un morceau, c’est le sentiment,  l’émotion qu’on ressent à l’écouter. C’est intime, ça touche l’âme. Ecouter une chanson, c’est une expérience sensitive personnelle. 

Je crois vraiment que si l’art est utile, alors ce n’est plus de l’art. C’est un outil, et c’est différent. Moi j’aime l’art pour ce qu’il est, la beauté de l’inutile, de l’éphémère. Le vent dans les roseaux, les cerisiers en fleur et la  pluie sur la mer. Le reste n’est qu’un ensemble de panneaux publicitaires  et de publications sponsorisées.

Quelle place ont les artistes émergents chez vous ?

Le plus souvent, celle entre le bar et les toilettes. (En laissant un  passage bien sûr.) Je ne vous cacherai pas qu’il est bien difficile de trouver des dates de concert payées décemment. Et que des groupes cassent le métier en acceptant de jouer pour quelques tickets boisson, au détriment de ceux pour qui c’est le vrai métier. Que les « tributes » et autres « cover-bands » prennent trop de place dans les festivals, et que les décideurs jugent la qualité d’un auteur-compositeur-interprète à son nombre de vues sur Youtube.

Heureusement, il y a des exceptions et des gens honnêtes aussi. Le tout,  c’est de les trouver. J’ai la chance d’en avoir trouvé quelques-uns sur mon parcours. Vous en faites partie désormais, en donnant la parole aux artistes  émergents. Alors merci à vous, et bienvenue 🙂

J’ai aussi l’espoir qu’un jour, il y ait plus de femmes dans les métiers de la musique et de l’événementiel. Vous savez quand LITA KIRA était un groupe, cela arrivait souvent que les organisateurs donnent la paye du concert à mon guitariste plutôt qu’à moi, parce que cela faisait plus sérieux. Ou qu’on vienne me demander, alors que j’installe mon matériel, si j’étais la copine du bassiste ou celle du batteur… Insupportable. 

C’est vraiment difficile d’être une jeune femme et de se faire respecter comme une cheffe d’entreprise dans ce milieu, surtout en indépendant. Mais c’est le métier que j’ai choisi et même s’il est ingrat, je continuerai de me battre pour que mes chansons arrivent jusqu’à vous. D’une manière  ou d’une autre.

Le Canada et le Québec vous voyez ça comment ? Comment sont-ils dans votre imaginaire ? Quelle(s) image(s) en avez-vous ?

Vous voyez la chanson « La langue de chez nous » de Yves Duteil? J’ai bien peur d’être un peu dans le cliché. Alors pardonnez moi d’avance! >.< 

En vrai quand j’avais 12 ans, j’ai assisté à la conférence de T8aminik  Rankin, un grand chef algonquin et homme-médecine. Il nous a fait part de  son histoire et de la philosophie de son peuple. Cela m’a beaucoup marqué. J’ai toujours le collier qu’il m’a offert. 

J’ai grandi en voyant plein de reportages sur le Canada avec ses paysages à couper le souffle. Mais je suis consciente que ce n’est pas uniquement une carte postale avec des caribous et du sirop d’érable sur des pancakes,  au bord d’un grand lac avec des petits castors trop mignons. C’est pourquoi j’aimerai venir y faire des concerts, mais aussi prendre du temps pour rencontrer les gens, mettre à jour mes connaissances et surtout voir la vraie vie chez vous. Et la scène indépendante. 

Et puis, il faut que j’aille rendre visite à mon cher collège le Dr Sadd,  leader du projet rock psychédélique LESBIAN SPEED DATING avec qui je fais de la musique en télé-travail régulièrement [lire notre article sur leur tryptique d'EP sorti dernièrement].

Et des canadiens, des québécois ?

Je pense que ce sont des gens cool qui défendent la langue française bien mieux que nous. Je pense que vous êtes sûrement moins stressés et un peu plus libres artistiquement. Récemment, j’ai découvert l’artiste Anachnid sur Insta. J’aime beaucoup ce qu’elle fait, notamment sur la thématique de l’araignée. J’aimerais bien la rencontrer un jour pour mettre en commun nos travaux sur le sujet, ou même faire de la musique ensemble. Après, j’espère secrètement qu’on puisse devenir amies aussi et qu’elle m’emmène en balade, loin des parcours touristiques. Mais chut.

Merci beaucoup !

Retrouve la sur la toile :

Facebook

Instagram

TikTok

Youtube

Site officiel

Tiens toi informez !