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Autre Part
24mn
Indépendant
Sorti le 9 Octobre 2020
7/10

Post-Rock / Shoegaze / Francophone

Checke donc les Découvertes !
A38
00:00 / 05:44

Ça vous dirait d'aller ailleurs ? De vous détacher d'où vous êtes rien qu'une demi-heure ? Alors il vous faut le premier EP éponyme d'Autre Part dans votre discothèque ! Il est prenant.


Une ouverture douce et même plutôt guillerette me diras-tu. Ouai. T'as raison. Mais si t'attends un bon 2 minutes ça va commencer à te prendre aux tripes. Un conseil que je pourrais te donner ? Écoutes ça fort ! Et puis quoi encore ? Tu me diras aussi que t'aimes pas trop les voix criantes ? Ok. Moi non plus. D'habitude. Mais là je l'aime bien ce chant rageux parce qu'il apporte une profondeur émotionnelle. Ça rend encore plus vivantes les paroles et surtout la chanson. Et puis aussi parce qu'il reste très ponctuel, je te l'accorde. Les thèmes dont ils nous chantent la « douce » mélodie sont plutôt noirâtres. Les textes transpirent la désespérance et l'ennui que des territoires éloignés comme l'Abitibi ou la Gaspésie peuvent infliger parfois à leurs habitants. La trame musicale en revanche respire l'espoir et l'envie de prendre en main son destin. Une pseudo contradiction finement travaillée et mise en œuvre.


D'ailleurs, l'alternance entre le doux mélancolique et le fort colérique leur va bien. J'aime ça. Une vague se crée au fil de l'écoute et t'emporte dans l'univers grisé qu'ils dépeignent avec humanité. Tu entends un « discours » presque exclusivement instrumental. Comme peuvent le faire Milanku ou Appalaches. Mais là les cinq musicos y amènent leurs grosses pattes. Pendant que la guit garde un rythme au long court, c'est le drum qui génère l'engouement et l'impatience de connaître la suite. Et l'utilisation que fait le groupe du clavier apporte vraiment un plus dans leurs pièces. Il capte ton attention et te maintient en haleine.


Le quintor t'offre cinq pièces (une pour/de chaque membre !?) s'emboîtant les unes aux autres te racontant chacune à leur tour leur vision des choses et leurs particularités. Celle qui lance les hostilités c'est A38. Elle s'étire entre la douceur presque « bullesque » (référence au doux clavier aigu autour des 3'30 que mon esprit image par des bulles de savon qui explosent) et la lourdeur écorchée des notes. Suivie d'Ecchymose, un brin plus électrisante en partant. Elle t'envoie la sauce direct : un chant flirtant ouvertement avec le grôlement (sans toutefois en faire trop) et du graaaaaave [imagines moi, là, devant mon ordi, bloquant la touche sur le clavier pendant que ma voix fluette tente de sortir un son super grave avec le « a »! Résultat ? Allô les petites cordes vocales irritées !!!]. La dynamique perd cependant une partie de son charme avec Les Mines auront raison de Nous. Mais, en même temps, n'est-ce pas ce dont la chanson nous parle ? De cette lassitude ambiante que l'on ne peut qu'imaginer d'un environnement troué et pollué tel que celui des mines ? La cohérence est plus que présente du début à la fin. J'ai quand même trouvé certaines transitions un peu brutes de décoffrage mais ça n'enlève rien à leur utilité et efficacité.


Ce que j'apprécie beaucoup avec eux (et que je n'avais pas ressenti à ce point là dans d'autres albums) c'est le rythme général du EP, le tempo de l'écoute si je puis dire. Tu vas me dire que j'en ai déjà parlé deux paragraphes plus haut ? Oui c'est vrai. Mais j'y reviens parce que je trouve ce fait essentiel à la réussite de ce disque. Au moment des tounes plus calmes (mais tout autant intenses) il [el rythmus generalus !!] te garde sur le high de ton excitation musicale apparue soudainement durant celles plus énervées. Tu visualises ce qu'est une ondulation ? Et bien tu vois ce que je « vois » dans ma tête quand je l'écoute. Prenant je disais ? Enivrant j'ajouterai.


Leur EP s'écoute one shot tel un continuum sonore qui te raconte un bout d'histoire de quelque part dans la pampa québécoise. Un cri du cœur généreux qui te dit qu'il ne faut pas t'en faire et que tout n'est pas pourri non plus là-bas. Plus je l'écoute et plus j'en redemande. A toi de décider de comment tu vas le découvrir. Dans ton canap' les yeux fermés ? Dans ton auto sur la route cheveux aux vents ? [Faudra attendre les beaux jours pour ça parce que le petit -20 là, ça motive pas trop à ouvrir la fenêtre !] Dans tes écouteurs en te promenant dans la rue ? Dans tous les cas tu risques (!) d'aimer… et d'en redemander !

3 Février 2021

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