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Les Monsieurs
40mn
Indépendant
Sorti le 23 Octobre 2020
8/10

Folk / Fuzz

Checke donc les Découvertes !
Vitamine D
00:00 / 03:51

J'ai toujours associé la formation lanaudoise Les Monsieurs à une musique engagée, sans compromis, infatigable. Une musique qui n'a aucune gêne d'un son extra-gras à la limite de l'obscénité. Engagés et assumés, leurs propos tournent généralement autour des grands thèmes qui donnent envie de faire la prochaine révolution. Des thèmes que nous connaissons bien comme la surconsommation ou la corruption politique mais aussi des thèmes plus abstraits comme Moi j'le sais-tu ?'.

J'ai vu la naissance du groupe à Joliette il y a déjà plusieurs années et leur progression est loin de me laisser indifférent. Ils ont une manière bien à eux d’évoluer dans un rock très lourd, très émotif tout en flirtant avec des façons un peu plus poético-folk de créer. Ils savent jouer avec la mince limite entre le ridicule et le choquant, l'engagé et le détaché. Ça s'entend dans leur musique mais ça se voit aussi dans leurs vidéoclips (tu les trouveras juste ici). D’accord, d’accord, j’étais déjà un bon fan avant d'écouter leur nouvel album. Mais cette fois, les gars m'ont tout simplement charmé.


Crise de coeur raconte principalement le parcours d’une peine d’amour. J’insiste sur le sens “parcours” ou plutôt sur le cheminement dans lequel l’album nous entraîne. Ce n’est pas seulement qu’une simple descente infernale vers la colère ou le désespoir d’une rupture amoureuse mais plutôt une série de phases que l'on doit faire face pour finalement s'extirper du cycle vicieux de la peine d'amour. Les morceaux obéissent les uns après les autres à une sorte d’évolution psychologique du protagoniste digne d'une bonne thérapie de groupe. Le tout est écrit dans un registre de langue très familier, très ''joual''. Le chanteur a une façon très personnelle d’utiliser le vulgaire et de sacrer au bon moment pour donner une certaine douceur. On retrouve un vocabulaire riche en expressions d'ici ("aimer dans l'beurre", "ousse j'm'arrête") mais souvent utilisé dans un contexte poétique et figuré. Mélangé à un accent bien prononcé du chanteur, ça donne un paquet d'images abstraites en tête même si le sujet reste concret. La mode d'utiliser un langage très cru mais sensible est de plus en plus convoitée au Québec et ça colle bien au band. Un bon exemple dans Cul sec où le doux “tabarnakouuu” du refrain est chanté par les autres membres du band. C'est gentil, ça fait sourire et ça fait du bien.


Sans être puriste dans le style, un certain stoner-fuzz-rock est bien présent tout au long de l’album. Une réalisation impeccable signée Placard qui met de l’avant et accompagne généreusement la plume du chanteur. Les changements d’ambiances, de textures sonores et d’humeur (beaucoup d'humeurs différentes) sont travaillés pour rester fluides en gardant toujours un œil sur la trame narrative de l'album. Les gars ont travaillé fort pour piger dans plusieurs styles et ça paraît. Tu peux l’entendre sur Toronto où on passe d’une belle série de comparaisons sexy et calmes à une décharge soudaine de désarroi “Comment ça se fait que t’es pu là bébé !?” dans un déluge de distorsion d'accords hors-contexte. Dans les règles de l’art. Bravo.



Quelques mentions honorables :


- Toutes les sources pour les statistiques citées dans La chanson par le fait sont disponibles sur leur bandcamp si vous êtes curieux. Pour dire que les gars ont fait leurs devoirs.


- La passe en septolet sur Dlyrem, personne n'a vu ça arriver.


- La présence mielleuse de Louis-Chopin Laurent (Voix tropicale au CISM 89,3) par-ci par-là pour nous souffler à l'oreille des passages poétiques avec son délicat accent haïtien. ''La résilience, c'est un ostie de beau mot''


- Le message téléphonique laissé sur le répondeur dans Cul sec. On se demande s'ils ont pris un message qui existe vraiment.

Le band marque une nette progression avec leur nouveau bébé. On aperçoit une réelle maturité dans les riffs de guitares et de bass. Les mélodies s'enchaînent et se réinventent là où on pouvait s'attendre à une répétition. Le drum est garni à souhait de variantes toujours bien balancées. On peut même entendre des petites influences free-jazz parfois. Des apparitions d’autres instruments, subtiles, efficaces et toujours plaisantes pour l’oreille comme le solo de trompette bien placé de Rémi Cormier sur Le désespoir se masturbe. BREF, le band regarde de plus en plus large et c’est bon signe. On leur souhaite bon courage avec la situation actuelle et inquiète toé pas, tu vas en trouver une, une autre blonde 😉

19 Décembre 2020

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